COMMUNIQUE DE PRESSE D'ALERTE AUX DECHETS
Le 2 octobre 2008
Lors de la réunion organisée ce soir à Montataire par le Conseil général de l'Oise sur la révision du plan départemental de prévention et de gestion des déchets, le SYMOVE a démontré qu'il faisait semblant de jouer le jeu de la concertation et du diagnostic partagé voulu par le Conseil général depuis l'automne 2007.
En effet, à l'occasion de cette réunion de concertation, destinée à présenter à un large public isarien « un diagnostic sur la situation des déchets dans l'Oise, ainsi que la démarche de révision et de concertation » mise en œuvre par le Conseil général, le Vice-Président du SYMOVE Jean-Louis Hennon (communauté de communes du plateau picard) a annoncé que le SYMOVE avait d'ores-et-déjà décidé la construction d'un incinérateur sur son territoire ! Quelle provocation, quel mépris pour les participants aux nombreuses réunions préparatoires à la révision du plan départemental !
Par cette déclaration, M. Hénnon démontre que le SYMOVE n'a toujours pas compris que l'organisation de la gestion des déchets est une compétence du Conseil général depuis 2005 et que son syndicat devra désormais s'inscrire dans une stratégie départementale, actuellement en pleine phase de discussion / concertation, dont les conclusions ne sont pas attendues avant l'été 2009.
Le SYMOVE se base sur un plan départemental datant de 1999 et aujourd'hui complètement dépassé. Dans ce plan, nous sommes loin des engagements du Grenelle de l'environnement !
Cette déclaration est scandaleuse à plusieurs titres : les représentants des habitants du SYMOVE choisissent de ne pas tenir compte de la démarche engagée par le Conseil général, mais ils font en plus le choix de la solution la plus rétrograde, la plus polluante et la plus coûteuse. C'est aussi celle qui décourage la prévention et la réduction des déchets non triés. Si ce projet venait à voir le jour, on expliquerait bientôt aux habitants, comme dans le Haut-Rhin, qu'ils peuvent réduire leurs efforts de tri, puisqu'il faut rentabiliser l'incinérateur et que celui-ci doit tourner à pleine capacité. Pour des raisons techniques, parce que la bête est plus facile à régler à plein régime et les pics de pollution moins nombreux (mais les émissions cumulées plus importantes), et financières… dans l'intérêt d'un exploitant privé pour lequel plus il y a de tonnes incinérées facturées, plus ça rapporte !
Messieurs Vasselle et Hennon, vous faîtes fausse route. Vous tournez le dos à la concertation. Vous évitez la confrontation des avis techniques et des solutions innovantes non polluantes. Vous ignorez la compétence du Conseil général en matière de gestion des déchets.
En tout cas, votre attitude plaide en faveur du remplacement des syndicats mixtes par un service public départemental du traitement des déchets, comme cela existe dans le domaine de l'incendie et du secours. C'est selon nous une hypothèse qui doit être prise très au sérieux par le Conseil général.
Le Président d'Alerte aux déchets
Pierre BOUILLON
