Cette action, à laquelle chacun peut participer aura lieu dans le magasin Auchan à Nogent sur Oise samedi 12 juin 2004 entre 14 heures et 16 heures.
Le centre National d’Information Indépendante sur les déchets (CNIID), en partenariat avec greenpeace et l’UFC Que Choisir est organisateur de cette action au niveau national. Elle va se réaliser selon le même protocole que celle initiée par le réseau des recycleries et ressourceries, le samedi 25 octobre 2003, à laquelle "Alerte aux déchets" à participé. Plus de 60 actions de déballage auront lieu à travers la France. Le responsable du magazin est prévenu de l'action.
Les actions :
* achat de produit suremballés ou mal emballés (emballage plastiques surtout)
* après le passage en caisse, déballage ou/et réemballage des produits
* dépose des sur emballages dans un caddie
* contact avec les clients, signature d'une pétition pour une réduction à la source des déchets
* distribution de tracts d'information pour inciter les clients à "agir pour réduire".
* distribution d'un argumentaire pour le gérant et la presse.
Communiqué du CNIID (Centre National d'Information indépendante sur les déchets) :
4,7 millions de tonnes d’emballages sont mis chaque année sur le marché, une fois parvenus à la maison, la plupart de ces emballages deviennent immédiatement des déchets. Ces déchets ne sont pas sans conséquence sur notre environnement et notre santé, c’est pourquoi nous avons décidé de réagir par l’organisation d’actions nationales de déballage. Ces opérations consistent à faire ses courses et, une fois le passage en caisse effectué, à laisser sur place tous les emballages inutiles. Nous entendons ainsi protester contre le sur-emballage et les emballages jetables, source de gaspillage et de pollution.
Chaque année, notre production de déchets augmente de 1 à 2 % pour aujourd’hui atteindre le chiffre effrayant de 650 millions de tonnes par an, dont 30 millions pour les ménages. Les déchets d’emballages entrent pour environ un tiers dans la quantité totale des ordures ménagères et détiennent ainsi une part supérieure à tout autre groupe de biens manufacturés. 100 milliards d’emballages passent chaque année entre les mains des Français pour, très rapidement, finir à la poubelle. Certains de ces emballages seront recyclés (44 %)* mais la majorité finira en décharge ou dans un incinérateur, constituant ainsi une menace pour les sols, les eaux, l’air et la santé et représentant une source de gaspillage de matières premières et d’énergie.
Il est donc primordial de réduire les emballages.
L’axe principal développé par les industriels pour limiter la production de déchets d’emballages est l’allègement du matériau de l’emballage. Mais, faire plus léger ne résout pas le problème car cela conduit souvent à faire plus complexe et donc moins recyclable. Dans cette optique d’allègement, nous assistons à une substitution de matériaux facilement réutilisables ou recyclables comme le verre et le carton pour des matériaux plastiques (augmentation de 11 % entra 97 et 2000)**. Le plastique pose pourtant de nombreux problèmes. Etant donné la diversité de matières plastiques mises sur le marché, il est économiquement plus avantageux de les brûler, mais cela entraîne l’émission de diverses substances chimiques toxiques, facteur de risque pour la santé. Il apparaît donc indispensable d’agir désormais sur la limitation du nombre d’emballages, plutôt que sur le poids.. Cette réduction peut être obtenue en favorisant l’utilisation de contenants réutilisables, parallèlement à la suppression des emballages inutiles. Par ailleurs, lorsque les emballages sont nécessaires, la préférence devrait aller à des matériaux sains ou facilement recyclables.
De nombreux emballages ne présentent aucune utilité et pourraient donc être facilement supprimés, comme ceux entourant les fruits et légumes. Les emballages individuels et les petits conditionnements sont certes très pratiques, mais leur prolifération devient réellement abusive sans répondre à un besoin réel. Par exemple, de nombreux produits qui étaient auparavant consommés dans des grands conditionnements sont aujourd’hui emballés en mini-dose sans pour autant répondre à une exigence de transport ou de protection (riz, pâtes, café, sucre…).
Il est primordial d’informer le consommateur sur l’impact que peut avoir tel ou tel produit sur l’environnement et sur sa santé. Le déchet doit devenir un critère lors de l’acte d’achat. Pour ce faire, la grande distribution doit proposer et mettre en avant des produits peu ou pas emballés. La vente en vrac pourrait constituer une piste intéressante, en 1984, la chaîne Mammouth avait fait une offensive en faveur du retour à la vente en vrac, mais l’offensive est restée limitée et la chaîne n’a pas persévéré. Pourquoi de ne pas remettre en place de telles initiatives ?
D’autres pays se sont déjà engagés dans la voie de la réduction des emballages à la source.
Pour le lait, la vache métallique (steel cow), avec pis en caoutchouc, a fait son apparition en Allemagne : l’acheteur remplit sa propre bouteille ; Zapfquelle est la première enseigne à l’avoir installé, suivie par Tengelmann et Spar. Ce dernier distributeur a intégré l’innovation dans le cadre d’une campagne plus ambitieuse, baptisée Minimüll, c’est à dire déchet minimum ; plus du tiers des ventes de lait frais se fait en vrac, et de nombreux autres produits sont vendus en vrac ou à la coupe.
L’enseigne MIGROS, en Suisse, a également entrepris de nombreux efforts dans le domaine de la réduction des emballages : emballages réutilisables, utilisation de matériaux recyclés dans la fabrication des emballages.
