Le 19 juin 2003, le centre de tri qui se trouve sur le site sur lequel l'incinérateur de Villers Saint Paul est en construction a été inauguré par Roseline Bachelot, ministre de l'écologie et du développement durable, en présence de toutes les huiles du département. Alerte aux déchets était invité à cette inauguration.
Des membres de l'association étaient également présents à l'entrée du site, vêtus du tee shirt de l'association, et avec des pancartes contre l'incinération et pour le tri des déchets.
L'inauguration a commencé par une visite du centre. Le centre va trier 18.000 tonnes par an. Il est actuellement en phase d'essai (pendant un mois), sous la responsabilité du constructeur. L'exploitant acceptera l'installation si le fonctionnement est conforme aux engagements du constructeur.
Les emballages, les cartons, les journaux arrivent dans le centre et sont triés mécaniquement et manuellement.
Concernant le tri manuel, il est à noter le manque de prise en compte des considérations ergonomiques dans la conception des postes de travail. En effet, la hauteur des postes de travail n'est pas modulable selon la taille des employés (certains trieurs travaillent debout sur des palettes en bois !). De plus, de nombreux déchets doivent être lancés violemment vers l'avant pour atteindre leur cible, nécessitant pour chaque déchet un mouvement de flexion puis d'extension rapide du bras. Il aurait été plus judicieux de placer les conduits d'évacuation des déchets à coté des trieurs. Cela aurait un triple avantage : travail moins pénible et moins fatigant (un seul mouvement par déchets), gestes moins traumatisants, augmentation significative de la productivité. Cette remarque sera formulée lors de la prochaine CLIS.( Commission locale d'information et de surveillance). A ce jour, le centre de tri semble fonctionner normalement. Les déchets triés sont entreposés dans un hangar avant d'être expédiés par camion vers des usines qui vont utiliser les matières premières ainsi produites.
Mme Bachelot est arrivée vers 17h30. M. Marini, Président du SMVO, l'a guidée vers les huiles pour un serrage de paluches, puis elle a visité le centre.
Discours très virulent de Monsieur le maire de Villers Saint Paul (M. Weyn).
Il a d'abord souligné que le conseil municipal de Villers Saint Paul ne souhaitait pas accueillir un incinérateur, mais que dans l'intérêt général, la commune a adhéré au projet.
Commentaire : le conseil municipal de Villers Saint Paul avait voté à la quasi-unanimité pour le projet d'incinérateur en 2001.
Il a ensuite rappelé les exigences du conseil municipal, formulées dans la DUP (déclaration d'utilité publique)
Que l'incinérateur soit immédiatement arrêté si les normes ne sont pas respectées.
Qu'il est hors de question d'accepter un troisième four si deux fours suffisent à brûler les déchets du SMVO (l'incinérateur est prévu avec deux fours, mais il est possible d'ajouter un troisième four dans les installations qui sont prévues pour cela). Autrement, dit, on ne veut brûler ni les déchets de l'Ouest du département ni ceux de la région parisienne.
Que la mairie avait exigé que la construction de la nouvelle liaison routière entre la rue du marais sec à Nogent et la rue Joliot Curie à Villers Saint Paul soit réalisée avant le démarrage de l'exploitation du centre de tri. Cela n'est pas le cas. « Les engagements n'ont pas été respectés », a dit le maire, qui déplore la situation actuelle. Le ton du Maire était très offensif. Nous avons appris par la suite que le conseil municipal de Villers Saint Paul pourrait demander réparation au SMVO pour cet état de fait.
Discours de Marini :
Il a tenté le rassurer M. Weyn en disant que ses exigences étaient celles de tous les élus du SMVO concernant le troisième four. « Nous sommes avec vous dans ce combat », a-t-il dit, et encore : « ni iront tous manifester ensemble si un troisième four est prévu ».
Discours de Bachelot :
j'ai retenu deux points dans son discours : « 'incinération est une solution tout à fait satisfaisante » et « la prévention n'a pas obtenu la place qu'elle méritait ». Si j'avais l'occasion de débattre avec elle, je lui expliquerais que l'incinération et la prévention des déchets sont incompatibles. En effet, si sur un territoire comme celui du SMVO, il est prévu de brûler au moins 368 kg par an et par habitant pendant au moins 20 ans, la mise en place d'une politique efficace de prévention n'est pas possible puisqu'il n 'y aurait plus assez de déchets à brûler. L'expérience montre que pour être efficace, une politique de prévention nécessite que la taxe forfaitaire d'enlèvement et de traitement des ordures ménagères soit remplacée par une redevance qui consiste à faire payer chaque foyer en fonction de la quantité de déchets non triés qu'il produit. Les résultats de cette politique sont une baisse de 50% au moins du tonnage des déchets à incinérer ou à mettre en décharge. Je demanderais donc à Madame la ministre si elle compte revoir ses objectifs en matière de prévention (voir la lettre qui lui est adressée).
Lors de l'inauguration, une lettre (voir sur le site) à été remise à Madame la ministre par l'intermédiaire de son attachée de presse.
Frédéric Schwindenhammer
